La Femme, le Calice et l’Enfant Déesse » : petit Conte de Guérison des Femmes

Durant des années, qui me semblent tellement loin aujourd’hui qu’elles en paraissent impalpables, j’ai accompagné ma petite fille intérieure vers sa guérison. L’expérience de mort imminente que j’avais vécu à l’âge de 4 ans avait laissé sur elle des séquelles d’une douleur insondable, et une partie d’elle « puait la mort », littéralement, et elle ne voulait plus se laisser approcher par quiconque… Une partie d’elle n’était pas revenue de ces eaux vaseuses dans lesquelles elle avait trouvé la mort, puis la vie à nouveau.

Longtemps, j’étais terrifiée à l’idée d’aller la voir, de toucher sa décomposition. La mienne, en réalité… Son petit corps était tellement froid, dur, blanc, presque translucide.

Puis, j’avais osé. Je l’avais cherchée, de long mois, dans des tunnels tellement sombres et alambiqués, que je doutais de pouvoir en ressortir un jour. Et puis, sa main glacé dans la mienne.

Avec un soin infini, je l’ai déposée dans la Calice de mon Bassin. Chaud, humide, moelleux, sucré… Et puis, un battement de cœur, Et puis… Des années durant, j’ai pansé une à une ses plaies, ses éraflures, dégorgé sa peau de la vase qui était devenu son sang. J’ai ramené la chaleur sur sa peau et le rire dans sa gorge.

Elle est née à nouveau, petit Phénix de Lumière à l’audace impétueuse et à l’appétit joyeux. J’étai émerveillée de son courage, sa beauté, sa résilience, sa créativité absolue qui voyait la vie partout là où d’autres auraient vu la mort, la terreur et le désespoir. Oh oui, elle avait la rage au ventre, ma petite Phénix… Et qu’est-ce que je l’ai aimé… J’ai tenu sa petite main tant de fois au creux de la mienne, que c’est un miracle que ma paume n’en soit pas complètement usée…
Et puis, un jour, elle m’a dit qu’elle était prête. Prête à vivre Sa Vie. C’était « une grande ». ALors, dans un sourire baigné de larmes et de rire, je l’ai regardée partir dans Sa Lumière, en dansant et chantant avec une telle joie que mon ventre et mon cœur, à cet instant, ont failli imploser d’Amour dans son rire divin. J’ai depuis lors toujours respecté son espace, et Elle s’est présentée à moi au gré de ses envies et besoins. Et à chaque fois, j’ai été subjuguée par ses progrès, sa vitalité…

Il y a quelques temps, mon Corps, mon Bassin sont devenus profondément douloureux. J’ai reconnu le signal, immédiatement, fulgurant. Quand mon bassin a mal, c’est mon petit Phénix qui m’appelle à l’aide en me donnant des coups depuis le dedans de mon Calice… A ce moment-là, je dois bien dire que je vivais des évènements profondément compliqués dans ma vie de Femme, qui venaient ébranler jusqu’à mes fondations. Je devais grandi, moi aussi, mais j’étais terrorisée, et tellement en colère… Pour être honnête, je ne me sentais ni l’envie, ni la capacité d’aller soutenir mon Petit Phénix d’Amour et de Feu…

Et puis, lors de ma Danse quotidienne, qui est ma Prière, mon Offrande, le Temps s’est arrêté comme mon Mouvement, et je me suis allongée. Alors, Elle est apparue… J’ai instantanément perdu la parole. Elle était devenue Déesse, pure Grâce… C’était absolument incroyable, et aucun mot ne saura jamais suffire ici… Une Déesse de Lumière. Dans un Corps d’Enfant. Je n’ai rien pu lui dire, tellement j’étais impressionnée, sidérée, subjuguée. Un tsunami d’une puissance inouï, qui n’avait d’égale que sa Compassion absolue. Un tsunami qui m’a laissée sur place. Incapable de rien. J’étais en larmes, mes yeux plongés dans les Siens. En dévotion à ses pieds de Reine d’un mètre trente à peine… Je me suis alors sentie tellement petite face à sa Grandeur, sa Grâce pure. Elle a parlé, et elle m’a dit : « Je suis guérie maintenant, tout comme ton Âme, plus jamais je ne veux te voir t’inquiéter pour moi. L’Enfant est guérie. Mais pas la Femme que tu es, pas encore. » A ce moment-là, elle a rayonné sa Lumière tellement fort que j’en ai perdu la vue quelques instants, baignée dans sa Lumière. Je me suis inclinée, j’étais devant une Déesse…

Et alors, j’ai compris. De manière fulgurante, violente, évidente. Jamais je ne l’avais soignée, jamais. C’est Elle qui me soignait depuis le début… J’étais face à mon propre Maître intérieur… Lui dire que j’étais fière était alors totalement déplacé, impensable… Est-on fière d’une Déesse…? Alors, c’est elle qui me l’a dit… Qu’elle était fière, et qu’elle allait prendre soin de Moi. Mon Bassin a éclaté en mille éclats d’amour, gorgé d’un Extase d’une pureté incroyable, et déversant des torrents de larmes venant des Origines des Temps…
Et alors, j’ai compris… J’ai compris qu’en réalité, je n’avais jamais pas pris sa main. Jamais. Non, c’est Elle qui avait toujours pris la mienne. La Déesse que je suis avait fait tout ça…

Et Elle s’était montré à moi quand j’avais été prête à admettre une chose, LA chose : Je Suis Une Déesse…

Et ce n’est pas une expression, un mantra de psychologie positive destinée à booster l’affirmation de soi… Oh non… C’est un fait, une réalité tangible et charnelle. Je suis une Déesse. Et qu’est-ce que je suis belle, grande, lumineuse, joyeuse, orgasmique… Et Tout ça se love, juste là, au creux de mon Ventre… Et s’expanse jusqu’à mon cœur et mes lèvres…

Oui, je Suis le Graal…

Et tu sais quoi ? Toi aussi… Toi aussi, tu penses soignez une enfant blessée… Mais cela, ce n’est en fait que la Déesse que tu Es qui soigne la Femme que tu es… Alors, de qui tiens-tu la main ? Es-tu prête à te voir ? A te laisser subjuguer par ta Grandeur et ta Puissance ?

Penses-y la prochaine fois que tu visiteras ta « petite fille intérieure »… Et si Elle n’était que ta Déesse, déguisée pour nourrir ton Amour, ta Compassion, réveiller ta Médecine, ton Extase, ton Innocence Erotique et Corporelle jusqu’à ce que tu sois prête ? Et si Elle n’était que ta Déesse, se manifestant à toi dans une forme suffisamment « petite » pour que tu acceptes le Chemin vers Ta Puissance ? Et si elle n’était qu’un prétexte pour te rencontrer, pour que tu « joues à la aman », le temps d’apaiser tes peurs de ta Grandeur et de ta Beauté, nourrir ta confiance et ta Joie… ?

Et si Elle attendait, avec amour, patience et dévotion, que tu te vois enfin, et que tu admettes la seule chose à admettre : TU ES UNE DEESSE… TU ES LE GRAAL…
Veux-tu seulement le voir ? Parce que moi, je Te vois… Et c’est éblouissant…

Alors, toi aussi, va te prendre la main. Il est temps, plus que jamais. Va et bois Ton Graal.

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